Face au changement climatique, le secteur du végétal et du paysage est directement concerné par la question des énergies : produire des plantes, les transporter, les planter repose beaucoup sur des énergies fossiles. Aujourd’hui, le biocarburant constitue une solution de transition concrète et mesurable. Aux Pépinières Charentaises, ce choix s’inscrit dans une logique de cohérence globale, entre production responsable et réduction de l’impact carbone.
Biocarburant : de quoi parle-t-on vraiment ?
Un biocarburant est une énergie produite à partir de matières organiques renouvelables, principalement issues du végétal. Contrairement aux carburants fossiles (gazole ou essence), il s’appuie sur le cycle du carbone vivant : le CO₂ émis lors de sa combustion correspond en grande partie au carbone capté par la plante lors de sa croissance.
Les biocarburants de première génération sont aujourd’hui les plus répandus. Ils sont fabriqués à partir de cultures agricoles comme le colza, le blé ou la betterave. Dans le cas du carburant B100, utilisé par les Pépinières Charentaises, la matière première est une huile végétale de colza, produite en France, sans lien avec la déforestation.
Ce modèle repose également sur la valorisation de coproduits : les résidus issus de la transformation du colza servent notamment à l’alimentation animale. La plante est donc utilisée dans son intégralité, ce qui améliore le rendement global de l’énergie produite.
Avantages et inconvénients des biocarburants : une lecture équilibrée
Si le débat autour des biocarburants est souvent polarisé, une analyse factuelle permet de distinguer clairement avantages et inconvénients.
Les avantages des biocarburants
L’un des bénéfices les plus documentés concerne la réduction des gaz à effet de serre. Selon les études disponibles, le carburant B100 permet de réduire jusqu’à 60 % des émissions de CO₂ par rapport au gazole fossile, sur l’ensemble de son cycle de vie.
Autres points forts :
Dans un contexte où les entreprises cherchent à réduire leur empreinte carbone sans immobiliser leur activité, l’utilisation du biocarburant représente donc une alternative crédible.
Les limites à ne pas occulter
Pour autant, le biocarburant ne constitue pas une solution universelle. Parmi les inconvénients des biocarburants, plusieurs contraintes doivent être prises en compte :
Dans le cas du B100 par exemple, l’approvisionnement nécessite une station dédiée. Sans celle-ci, le ravitaillement devient complexe, voire impossible une fois sur la route. Cette réalité limite mécaniquement son déploiement à une échelle nationale.
L’expérience des Pépinières Charentaises : du choix à l’action
Aux Pépinières Charentaises, la décision de recourir au biocarburant s’est faite à partir d’un constat simple : agir là où c’est possible, sans attendre une solution parfaite.
L’entreprise s’appuie aujourd’hui sur une flotte de huit camions 26 tonnes dont 5 peuvent rouler avec un carburant de type B100 (Oleo100 fourni par SAIPOL). Une station de distribution est installée directement sur site, avec un contrat annuel indexé sur le prix du gazole. Ce choix permet de sécuriser l’approvisionnement tout en maîtrisant les coûts.
Ce carburant est issu exclusivement de colza français, cultivé sans déforestation importée, et ne représente qu’environ 10 % des camions en circulation en France, ce qui illustre encore son caractère de niche.

Des contraintes assumées
Ce choix implique certaines adaptations dans notre activité quotidienne :
• L’impossibilité de se réapprovisionner hors site ;
• Le besoin de véhicules compatibles (passage progressif à une nouvelle marque de poids lourds) ;
• La réflexion à long terme sur la pertinence d’une flotte homologuée exclusivement B100.
Malgré ces contraintes, notre bilan reste positif. Le biocarburant s’intègre naturellement dans une démarche globale déjà orientée vers la sobriété énergétique, la logistique optimisée et la cohérence environnementale.
L’impact en matière de réduction des émissions de gaz à effet de serre est réel et mesurable (données annuelles en cours d’évaluation), mais au-delà des chiffres, ce choix reflète l’image d’une entreprise engagée, ancrée dans son territoire.

Biocarburant et avenir : une énergie de transition, pas une solution miracle
L’avenir du biocarburant fait encore débat. Il est peu probable qu’il se généralise à l’ensemble du transport routier. Les contraintes agricoles, les tensions sur les usages des sols et la montée en puissance d’autres solutions (électrique, hydrogène, sobriété logistique) limitent son déploiement massif.
Pour autant, cela ne remet pas en cause sa pertinence dans certains contextes professionnels. Le biocarburant est une solution de transition, compatible avec les réalités du terrain et les exigences économiques.
Aux Pépinières Charentaises, cette approche rejoint une philosophie déjà connue du monde végétal : la diversité est une force. Comme pour le choix des essences face aux évolutions climatiques, il n’existe pas de réponse unique, mais une combinaison de solutions adaptées à chaque situation.
Agir aujourd’hui, avec lucidité
En valorisant l’utilisation du biocarburant, nous reconnaissons qu’il existe des leviers actionnables dès maintenant, imparfaits mais efficaces dans la préparation aux évolutions climatiques.
Dans un secteur profondément lié au vivant, faire évoluer ses pratiques énergétiques est une suite logique. Le biocarburant s’inscrit ainsi dans une réflexion plus large sur la transition des énergies renouvelables, la réduction des émissions et la responsabilité des entreprises.
Parce que, comme dans la culture du végétal, le temps long compte. Et que chaque choix cohérent, à son échelle, participe à la préparation l’avenir.

